Beaucoup me demandent pourquoi j'ai écrit L'Architecte ? Pourquoi ai-je été si extrême, ou du moins jusqu'au-boutiste dans la conclusion de ce récit ? L'Architecte est autant une fiction, qu'une réflexion, un essai sur le monde moderne... Voici ma réponse : "L'Architecte a été écrit pour résonner en nous, pour nous interpeller. Les messages (sociétaux ou moraux) sont nombreux et certains percuterons votre âme un peu plus fort selon votre vécu et votre sensibilité. L'ombre de la dépression reste bien entendu tapie dans ces pages mais ce n’est qu’un détail ou plutôt la conséquence d’un regard trop lucide, ou peut-être encore, une réaction face à l’effondrement des illusions. Dans ce spleen des sociétés modernes, L’Architecte évoque notre rapport au monde. Les travers de chacun qui contribuent à cette morale collective dont l’Histoire ne pourra, sans doute, jamais s’enorgueillir. L’Architecte est un cri envers l’humanité, un constat amer qui, au-delà...
« A mesure qu'on lève les voiles de l'inconnu, on dépeuple l'imagination des hommes. Vous ne trouvez pas, Monsieur, que la nuit est bien vide et d'un noir bien vulgaire depuis qu'elle n'a plus d'apparitions. On se dit : « Plus de fantastique, plus de croyances étranges, tout l'inexpliqué est explicable. Le surnaturel baisse comme un lac qu'un canal épuise ; la science, de jour en jour, recule les limites du merveilleux. » La peur , Guy de Maupassant Des vertus de la Peur Si le fantastique, cet étrange inconnu, génère chez nous un sentiment d’angoisse, il a également le don de nous inspirer, et, paradoxe merveilleux, si la peur éprouvée dans le réel nous prend à la gorge, transposée dans l’art, elle a le don de nous rassurer. Car affronter ses craintes dans un environnement sain et protecteur, nous procure un sentiment de contrôle. Plaisirs et frayeurs se mélangent alors dans une saine euphorie. Galvanisé par cette étra...
"Il emprunta une rue adjacente qu’il espérait plus tranquille puis s’arrêta devant la vitrine d’une pâtisserie. Elle vibrait d’une organisation redoutable, en première ligne, une division de mignardises : macarons, financiers et cannelés, rangés par colonnes. Puis derrière, pour les appuyer, d’implacables cavaliers bavarois, épaulés d’éclairs et de religieuses. Surplombant cette armée, de colossales forêts noires dressaient, en direction des passants, de … s étendards de convoitises, tandis que les entremets claironnaient le succès désormais certain de cette infaillible stratégie. Happé par cette mise en scène, Elias songea à Julie, à sa passion pour la pâtisserie, à ses moments où avec Soren ils étaient les heureux cobayes de ses expérimentations culinaires. Entre ses mains, la générosité d’un fraisier ou la subtilité d’un fondant, devenait un symbole fort, porteur de messages gourmands et délicats. Julie n’avait pas son pareil pour sublimer le temps que lorsqu’elle faisai...
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